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Le Père Noël, cloud computing et réseaux sociaux
par Loïc le Jeudi 24/12/2009 à 13:24, dans Non classé
Associer Père Noël et Cloud Computing dans un titre d’article est particulièrement osé, je l’avoue.
Mais sous ce titre semblant sortir de l’esprit dérangé d’on ne sait qui (de moi en fait) se cache une vraie analyse de fond : le Père Noël fut le premier à pratiquer le Cloud Computing.
Éclaircissons un peu les choses…
La distribution de cadeaux a franchement évolué au cours des dernières décennies. Même si on s’imagine toujours le Père Noël comme un barbu quelque peu ventripotent (donc à priori jovial, j’ai peine à imaginer un barbu ventripotent grincheux) en survet’ rouge à fourrure blanche assis dans un traineau en bois tiré par X rennes (X variant de 2 à une douzaine en fonction des cultures et de la brochure marketing), il faut bien se dire que ce fantasme nourri par des hordes de publicitaires voulant nous pousser à la consommation est très probablement loin en deçà de la réalité.
Déjà, un traineau en bois, faut arrêter de planer. Vu la cadence que doit tenir le Père Noël, un traineau en bois ne pourrait pas encaisser les G lors des accélération pour aller d’une maison à une autre. Au premier départ le traineau volerait en échardes. En plus le bois, même traité, c’est pas tip top face aux intempéries que peut subir le Père Noël (surtout en cette saison). Vu la masse de cadeaux qu’il doit se trimballer, à moins de faire des aller-retours avec le Pôle Nord (peu probable), il faudrait un traineau monstrueux pour arriver à supporter le poids total. Vous rajoutez par-dessus tout ça quelques mouvements pour la sauvegarde des arbres qui risqueraient de lui coller un procès au cul et vous vous rendez compte que non, le Père Noël ne se trimballe plus dans un traineau en bois depuis longtemps.
Depuis l’invention du moteur à explosion, la révolution industrielle, etc, il est fort probable que le Père Noël fasse sa tournée à bord du dernier cri en matière de jets privés. Il est également probable que ce jet soit une petite merveille d’électronique embarqué afin d’arriver à larguer les bons cadeaux aux bons moments.
Parce que là où le Père Noël pouvait prendre son temps à une époque lointaine, aujourd’hui il est obligé de tout torpiller en un temps record. A cause de l’évolution de la société, la mentalité universelle “je veux tout et maintenant”, la révolution de la téléphonie mobile et des réseaux sociaux. La téléphonie mobile et les réseaux sociaux ? Et bien oui ! Aujourd’hui, si le Père Noël ne se met pas le turbo au cul pour faire sa distribution, il y a fort à parier qu’il va se faire tracer et n’importe qui pourra savoir exactement où il se trouve face à Twitter. Combien de temps a-t-il fallu pour que l’annonce de la mort de Mickael Jackson fasse le tour de la planète ? Si le Père Noël paraisse un peu, serait-ce pour faire une unique pause afin de manger un biscuit ou boire un verre de lait laissé là par un enfant (naïf, la faute aux publicitaires, cf plus haut), il est foutu. C’est un coup à se faire braquer par une bande de gamins de 5 ans. Que voulez-vous, après avoir appris que l’un des mots les plus recherchés par les moins de 7 ans est le mot “porn”, on ne s’attend pas à ce qu’ils fassent preuve d’état d’âme vis à vis du Père Noël.
Donc côté distribution, ça s’est fortement industrialisé.
En plus, avec la législation du travail, je ne serais pas étonné d’apprendre qu’il ne se déplace plus, que tout est automatisé. Avez-vous songé à quoi doit ressembler son contrat de travail ? La somme d’indemnités de déplacements qu’il doit toucher, même pour une unique nuit de travail doit être faramineuse. Plus les heures sup. Plus la prime de risque car voler de nuit, tous feux éteints (pour éviter de se faire détourner par des pirates de l’air), quelque soit la météo et à son âge (vue défaillante, peut-être des problèmes d’incontinence également). Non, d’un point de vue assurances et indemnités, son patron n’aurait pas pu suivre et ça aurait coulé leur business en un Noël.
La solution la plus simple aurait donc été d’investir dans la R&D afin d’automatiser tout le process. Avions drones, manufacture automatisée du début à la fin (ceux qui croient encore aux lutins qui travaillent en chantonnant peuvent aller se rhabiller, vous imaginez des lutins en train de monter une PS3 alors que le Japon fait ça via des chaînes de montage ?).
Ou alors de basculer vers du cloud computing. Le coeur de métier du Père Nöel, à savoir collecter les demandes, préparer les cadeaux et effectuer la livraison, est effectué dans le nuage. Au coeur du réseau. Le réseau de quoi ? Le réseaux des parents bien entendu ! Le Père Noël sous-traite son taf aux parents des gamins ! Il se charge de collecter les demandes (qui sont directement retournées aux parents vu que ce sont eux qui font les achats) et ça s’arrête là. En fait, le Père Noël n’est plus qu’un maillon du système : il vend son image et ne s’occupe plus du tout du business des cadeaux. D’un point de vue stratégie de groupe, ça a un vrai intérêt, ça évite de se disperser dans de multiples domaines au risque de perdre sa spécialisation et de se focaliser sur un seul métier.
Enfin bref, le Père Noël a pas mal changé. Je sais pas si c’est vraiment un changement positif, les nostalgiques diront probablement que c’est affreux.
Mais bon, les nostalgiques auraient l’air malin si on leur offrait un simili d’IPhone taillé dans du bois par un lutin sous-payé.
Que ça ne vous empêche pas de passer un Joyeux Noël et une bon début d’année 2010.